Un regard sur le championnat d’Europe à Bénodet

Par Jean-Bernard Datry, président de la classe française – Photos Jakez & Ildut Jaouen

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Vingt et un 5.5 IC avaient répondu présent à l’invitation lancée par le yacht club de l’Odet à l’occasion de ce Championnat d’Europe 2013, renouant ainsi avec la tradition des grandes régates métriques, puisque le yacht club de l’Odet avait reçu les 5.5 IC pour leur championnat d’Europe en 1977, remporté alors par l’australien H. Vaughan sur Antares II, puis en 2003, à l’occasion du championnat du monde, remporté par le norvégien Kristian Nergaard. Malgré la perte du statut olympique après les jeux d’Acapulco, la série internationale des 5.5 IC est très active dans le monde entier, même si elle peine un peu à trouver son élan en France au-delà des côtes du Finistère.
La Suisse, l’Allemagne, l’Italie, la Norvège, la Hollande et la France étaient présentes dans les trois classes, Classiques, Evolutions et Modernes. En jauge métrique, les bateaux anciens peuvent toujours régater avec des unités plus modernes, et les meilleurs équipages tirent leur épingle du jeu quelles que soient leurs montures. Les noms des bateaux, l’élégance des carènes, la qualité de la restauration des bateaux anciens, la personnalisation de leurs équipements et de leurs gréements démontrent l’attachement des propriétaires à cette jauge, qui permet de fuir l’ennuyeuse monotypie.
Le championnat d’Europe était précédé de trois coupes, la Royal Kaag Classic, la Hanko Evolution Cup et le trophée Christian Hauvette attribué à chacune des trois classes. La faible représentation en évolutions (deux bateaux) et l’absence de modernes lors des premières journées fit que seule la Royal Kaag Classic fut courue, remportée magistralement par Carabella (ITA 73) à Alfredo Delli, un habitué des places d’honneur. Ce superbe plan Britton Chance jr de 1968 suscite toujours admiration et interrogation, lorsque l’on regarde son bouchain si caractéristique, poussé jusqu’à l’extrême pour chercher un point de jauge. Cinq manches furent courues dans un médium léger, permettant à chaque équipage de trouver ses marques. Le trophée Christian Hauvette 2013 fut finalement remis au premier toutes classes, en accord avec l’Association Française des 5.5 IC.

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Carabella – ITA 73, de nouveau vainqueur de la Royal Kaag Classic Cup! Et c’est donc encore un classique (certes « spécial ») qui reçoit le « trophée Christian Hauvette ».

Le week-end permit au reste de la flotte de mettre à l’eau, et d’offrir à tous un magistral cours d’architecture navale des soixante dernières années sur le ponton H : Gilliat, le tout premier 5.5 français, restauré avec soin et aujourd’hui bien mené par son propriétaire hollandais Peter van Klink était là, alors qu’à l’autre bout du catway, Marie-Françoise XVIII (plan Sébastien Schmidt), le bateau de Jürg Menzi, permettait d’admirer les dernières évolutions des carènes à bouchain, et d’aménagement du pont, le tout gréé au carbone.

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Marie-Françoise XVIII – SUI 222 au près, Gilliat – NED 5  aux prises avec Feng Shui – NED 26 au « dog leg ».

Au total, dix modernes, cinq évolutions et six classiques étaient à poste le dimanche soir, soumis dès lors au regard éclairé et aux instruments de mesure de Guy Roland Perrin, jaugeur officiel de la « class », et encyclopédie vivante de la jauge métrique.

De belles restaurations aussi, comme Tara (ITA 78, Britton Chance jr) à Maria Christina Rapisardi, magnifiquement traité avec sa coque en cèdre verni, son mât basculant, et ses voiles dernier cri taillées par North, toujours dans le coup au cours de ces cinq jours de régate, ou Nirvana aux vernis rutilants (FRA 46, plan A. E. Luders construit par Egger) à Yves Duclos-Grenet. Les quelques débats sur la position du safran n’ont pas altéré l’enthousiasme de sa propriétaire et barreuse, qui très vite a démontré la qualité de son coursier et le sens tactique de son équipage.

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Des classiques au contact: Manuela V – ITA 36Tara –  ITA 78 (ex FRA 41), Gilliat – NED 5 (ex F 1), et Korrigan – FRA 19

Sur l’eau, courtoisie et élégance sont de mise ; on est loin ici des « régates de Pardon ». Tous les équipages connaissent les règles de course: pas d’abattées sur la ligne, pas de cris ou hurlements à la bouée, pas ou peu de fautes et des réparations spontanées. Seul le jury, sans doute par excès de zèle mais aussi pour vaincre l’ennui, réclama contre quelques malheureux concurrents. Les départs sont serrés et la flotte s’étire ensuite sur les longs bords de près, menée par les ténors de la « class ». Au fil des manches, chaque groupe trouve son rythme et ses combats. A terre, belle ambiance et convivialité tant au retour à terre ou au cours des soirées organisée par le Yacht Club de l’Odet, qu’au hasard des bistrots de Bénodet et de Sainte Marine où les équipages se croisent au fil de la nuit pour refaire les manches de l’après -midi.
La première série de régates s’est déroulée par une jolie brise, permettant aux meilleurs de s’imposer. Ensuite, un vent léger et instable fit et défit les classements au sein de la flotte. Chaque matin, le jusant poussait la flotte hors de la rivière, seul un équipage tâtant malencontreusement des cailloux, heureusement sans trop de dégâts. Le vent s’installant au nord, le comité de course mouillait chaque jour un peu plus la marque au vent à terre : celle-ci était « punaisée sur la côte » au dire, avec l’accent genevois, des meilleurs suisses, et obligeait la flotte à jouer contre le courant de l’Odet ou de la Rivière de Pont l’Abbé, les turbulences des vents de terre et les retours de courant sous la pointe de Combrit. Que fallait-il faire ? Jouer les adonnantes ou chercher la force du vent ? La dernière journée, par tout petit temps, vit encore quelques surprises dans les classements. Mais une manche seulement fut jouée ne permettant plus de changer la donne.
Après neuf manches courues et huit classées, Kristian Nergaard (NOR 57) s’impose sur Artemis XIV, suivi de près par Bernard Haissly (SUI 214) sur Caracole, et Jürg Menzi (SUI 222), sur Marie-Françoise XVIII. Ces trois « modernes » sont dus au crayon de l’architecte suisse Sébastien Schmidt. En Classique, le vainqueur est Alfredo Delli sur Carabella, suivi de Maria Christina Rapisardi sur Tara. En Evolution, l’allemand Wolf Richter, sur Ali Baba (plan Doug Peterson de 1993), s’impose facilement.

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Artemis XIV – NOR 57, champion d’Europe 2013 (après de nombreux autres titres!) &  Caracole – SUI 214, qui est aussi – fort généreusement –  FRA 59
Les cinq équipages français ont eu, quant à eux, l’occasion de naviguer en flotte et de se frotter aux meilleurs équipages européens. Ils ont ainsi pu mesurer la marge de progrès restant à accomplir, à condition d’être attiré davantage par les régates internationales.
Une distribution des prix conviviale clôtura ces huit jours de régates, suivi d’un dîner animé. Les équipages européens ont apprécié l’ambiance de notre yacht club, la qualité du plan d’eau et les charmes et le folklore du Finistère sud. A cette occasion, l’association internationale des 5.5 IC et son président, Kaspar Stubenrauch invita les concurrents à se rendre en Toscane sur la presqu’île du Monte Argentario (Italie), choisie pour le championnat du monde 2014.

 

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