Historique de la jauge

En parallèle de l’arrivée à maturité de la jauge internationale avec sa deuxième formule, les premières études d’une nouvelle formule pour une nouvelle classe de bateaux « rapides, légers et marins » sont lancées par le Royal Corinthian Yacht Club à l’automne 1933. La troisième formule de la jauge internationale vient en effet d’entrer en vigueur, et tout le monde comprend que les bateaux s’alourdissent et s’agrandissent, en particulier les 6m.

Cette étude condense les meilleurs paramètres des jauges internationales, universelles, etc… La version adoptée alors (1933) est de Malden Hecktall-Smith:
R =  L√S    + L+√S = 5
        10∛D        4
Les bases de la formule des 5.5 apparaissent… Seuls 5 bateaux seront construit selon cette jauge, dont un de Nicholson qui se révèlera le meilleur marcheur au près et le plus joli. La preuve était faite que cette règle permettrait « la construction de yachts assez différents pour encourager les architectes à chercher des formes dans un cadre qui n’est pas un garrot ».
Cette formule ressort donc après-guerre, lors de la recherche d’un « racer économique ». Une première formule est adoptée par le comité permanent de l’IYRU le 29 octobre 1947, sous la forme:
  L√S   L+√S = 5,5
 12∛D        4
Cependant en octobre 1949, coup de théâtre! MFG Mitchell, président du sous-comité technique, insiste pour introduire un coefficient 0,9 dans la formule, dont il est alors dit qu’il viendrait « ruiner le bel édifice érigé par MM. Hecktall-Smith et Nicholson ». La même formule aurait donc un résultat de 6,11 au lieu de 5,5! Le DEB de Nicholson navigue en plus déjà depuis l’été 1949 et a fait preuve d’excellentes qualités sans ce coefficient 0,9.  Ce premier bateau fut en effet construit au début 1949 par Nicholson afin de présenter précisément à quel type de bateau sa formule pouvait conduire. Et l’on compare à l’envie des formes et dimensions des 6m et des futures 5,5m en superposition…
Enfin, lors de la réunion du comité permanent de l’IYRU du 25 au 28 octobre 1949, deux nouvelles formules de jauge internationale sont finalement validées: celle qui donnera les 8,9,10 et 12 m CR et surtout celle des 5,5. D’emblée, cette dernière est annoncée pour les prochains JO de 1952. On considère alors, toutes tensions apaisées, que cette formule permettra de construire des bateaux aussi rapides que les 6m, pour une longueur de flottaison moyenne inférieure de seulement 2 pieds, et pour un prix inférieur de moitié à celui d’un 6m.
Et alors était-ce parti! Gilliat IV est lancé en 1950. Cette même année, trois bateaux sont construits en Angleterre, sept en Finlande, quatre en Norvège, deux en Italie. La plupart des trophées internationaux sont alors couru en 5,5: coupe de France, Coupe d’Ialie et notamment la Scandinavian Gold Cup, jusqu’à nos jours pour cette dernière. La classe est d’emblée choisie pour les Jeux Olympiques: les premiers courus seront ceux d’Helsinki en 1952, les derniers seront ceux d’Acapulco en 1968. Pour les JO de 1972, l’IYRU se tourne vers le Soling, réduction monotype du 5,5, toujours selon le même objectif de réduction des coûts.

La formule n’a pas varié depuis l’origine, mais les principaux changements furent que progressivement les quilles ont été raccourcies et les safrans déportés sur l’arrière, les voûte se sont inversées. La jauge a très légèrement évolué quant à quelques données périphériques, pour permettre la construction de bateaux véritablement modernes, mais sans jamais se dénaturer jusqu’à nos jours.

Historique de la jauge 0321_5.5_k_1_deb_wk_1949_sailplan_512

« The Deb »  5.5 – K1: à quoi ressemble une équation, par C.E.Nicholson


La Jauge internationale 
La Jauge internationale permet, à l’aide d’une formule, plus précisément d’une équation mathématique, de déterminer un rating, soit un résultat en mètres pour chaque voilier. Ce résultat, ainsi que la manière de mesurer la longueur de flottaison et d’y ajouter des corrections, correspond à un potentiel de vitesse dépendant de certaines caractéristiques du bateau. Les caractéristiques prises en compte sont ainsi celles qui permettent d’évaluer la vitesse limite en déplacement, ces bateaux n’étant pas supposés pouvoir déjauger. 

Dès sa première formule de 1906, appliquée dès 1907, la Jauge internationale se démarque par le fait qu’elle prend en compte des paramètres représentatifs des formes de la carène, et même de la coque, comme le franc-bord et ne tient pas compte directement du déplacement.

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Le périmètre de la chaîne est mesuré comme CG (Chain girth). Le périmètre du contour est mesuré comme SG (Skin girth) en suivant le contour de la coque. Les points de mesure et les correctifs sont précisés dans les règlements de la jauge. 

avec pour variables, en unités métriques : 

L = longueur de flottaison corrigée (LWL + correctif) 

B = maître-bau 

G = périmètre de la chaîne 

d = différence entre le contour et la chaîne (voir dessin) 

S = surface des voiles (surface calculée) 

F = franc-bord moyen calculé 

La longueur de flottaison du bateau doit être corrigée par la nature de ses élancements qui lui permettent de l’allonger quand le bateau prend de la vitesse. La section de la coque, par exemple au maître-couple, détermine aussi les capacités de vitesse; plus la coque est fine et moins elle freine l’avancement du bateau. 

Tout l’art des architectes est de dessiner des bateaux exploitant au maximum les contraintes d’une jauge afin d’obtenir les meilleures performances.
La Jauge internationale a donc évolué, dans chaque classe qu’elle a permis de définir, afin de préserver du mieux possible des règles équitables garantes de potentiels de vitesses comparables. 

Les évolutions jusqu’à la formule des 5.5  

La formule de la Jauge internationale a évolué, alors que les conditions de mesure des paramètres n’ont été ajustés qu’à la marge.  Chaque classe de bateaux de la Jauge internationale possède ses propres règles, évoluant avec l’approbation de l’ISAF. Les grandes étapes de la formule de jauge sont : 

1906-1919 : la première formule: 

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1920-1933 : la seconde formule: 

89b1fad091e032a98b51e6c98c6197ce 

depuis 1933 : la troisième formule: 

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Enfin, comme exposé plus haut, la classe des 5.5 Metre (à l’instar des 5 Metre) utilise une formule plus aboutie, proposée par MM. Nicholson et  Hecktall-Smith et adoptée par l’IYRU en 1949, intégrant directement le déplacement. Celle-ci n’a plus eu besoin d’évoluer, étant complètement polyvalente et ayant abouti maintenant à des carènes particulièrement modernes: 

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2 commentaires

  1. daniel charles dit :

    Bonjour,
    Je trouve votre historique un peu incomplet. Dans la création de la jauge 5.5, Nicholson avait un complice, le vénérable Malden Heckstall-Smith, déjà concepteur (entre autres) de la jauge BRA et de la première jauge du RORC. L’idée de Malden HS est de créer un rating bon sur une année où les bateaux rencontreront (disons) 25% de petit temps, 25% de gros temps, et 50% de médium, la formule étant arrangée pour représenter ainsi un rating tenant compte des différentes conditions météo (ce que ne faisaient pas la Jauge Internationale et son ancêtre la Jauge Linéaire). C’est cette démarche qui explique la répétition, avec des diviseurs différents,du paramètre « Longueur moins racine carrée de la Voilure ». Cette répétition crée une discontinuité, une différence ontologique entre la JI et la jauge des 5,5m.

  2. french55 dit :

    En effet, un peu de précision apportée quand à la naissance de la formule.
    Merci!

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